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Catherine Poulain : « Trouver l’absolu, quitte à en mourir »

Le Grand Marin, de Catherine Poulain, L’Olivier,Catherine Poulain – « Trouver l’absolu, quitte à en mourir », 384 p., 19 €. Catherine Poulain, 56 ans,lunette soleil, bergère dans le Médoc, est l’auteure d’un premier roman formidable. Le Grand Marin raconte ses premiers mois de pêche en Alaska, où elle a vécu dix ans. Dans « Le Grand Marin », la narratrice s’appelle Lili. Ce n’est donc pas tout à fait vous ? C’est un surnom qu’on m’a donné en Alaska. Personne ne comprenait Catherine, Cathy. On m’appelait Christiane, Gretchen. Sur le bateau, mon prénom ne sonnait pas. Moi-même je ne l’entendais pas quand le skipper hurlait. Or, dans le fracas, il faut un nom qui retentit. J’ai choisi Lili. Par simplicité. Au début, on apprend comme un animal. On ne comprend rien à ce qui se dit. C’est épuisant. Quand le skipper ou les gars crient un mot, cela signifie une action à accomplir. J’obéissais. J’ai appris à réagir aux cris, mais sans en comprendre le sens. Cela, pendant des années. Plus tard, j’ai comparé ma retranscription phonétique et ce que je comprenais aux mots et à leur sens véritables, et ça ne correspondait pas du tout. Comment je le traduisais, cela donnait parfois quelque chose de poétique. L’apprentissage physique de la pêche est comme un jeu magnifique, parce que le corps participe complètement. On ne forme plus qu’un avec sa fatigue. J’aime beaucoup l’expression « la volupté de l’exténuement ». Ce n’est pas du masochisme. Au contraire,lunettes dior, on respecte d’autant plus son corps,Catherine Poulain – « Trouver l’absolu, quitte à en mourir », on l’aime davantage pour nous porter si loin, pour résister,lunette loupe, repousser les limites. Lorsque j’étais saisonnière agricole, j’éprouvais aussi cela. Le soleil vous frappe la nuque et les épaules. Il tape si fort qu’il vous obligerait presque à ramper. Il faut serrer les dents. Les murs et la sédentarité vous pétrifient ? Oui, il faut courir, être dans le mouvement, partir, larguer les amarres. La mer est le commencement…

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