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« L’histoire de l’art ne peut pas fonctionner en circuit fermé »

Michelle Bube­nicek, directrice de l’Ecole nationale des chartes, Eric de Chassey, directeur général de l’Institut national d’histoire de l’art, et Laurence ­Engel, présidente de la Bibliothèque nationale de France, vont piloter ce qui sera, avec plus de vingt millions de documents rares, sinon uniques, une des plus grandes ressources documentaires mondiales et un centre de recherche sans équivalent, concentrés sur le site Richelieu, à Paris. Le site Richelieu va réunir trois ­entités de nature et d’âge différents. Quels sont vos spécificités et vos points communs ? Laurence Engel On peut considérer plusieurs dates pour célébrer la naissance de la Bibliothèque nationale, mais je trouve que 1537, avec l’institution par François 1er du dépôt légal [qui impose à toute publication imprimée en France d’être déposée à la bibliothèque],« L’histoire de l’art ne peut pas fonctionner en circuit fermé », est la plus puissante, parce que c’est la manifestation de la ­volonté de transmettre un patrimoine imprimé aux générations futures. Au-delà du livre, c’est très vite un lien à l’histoire de France et à l’universalité des ­savoirs qui se crée, puisque évidemment sont déjà présents les manuscrits anciens, qu’on y adjoint rapidement une part du trésor royal, le Musée des monnaies et médailles,« L’histoire de l’art ne peut pas fonctionner en circuit fermé », puis les cartes de géographie et les plans. S’y ajouteront les estampes, la photographie et, plus récemment, à partir de 1946, les arts du spectacle, grâce à la collection constituée par Auguste Rondel. Cette histoire littéraire, artistique, intellectuelle, le lien constant avec la création et la volonté de transmettre ces savoirs à tous, c’est le triple ADN de la BNF. Qu’en est-il de l’Ecole des chartes ? Michelle Bubenicek Elle a moins de deux cents ans d’existence,« L’histoire de l’art ne peut pas fonctionner en circuit fermé », mais avait pour finalité, dès le départ, de former des spécialistes de la conservation du patrimoine écrit, les trésors des archives et ceux des bibliothèques. Elle est née d’une prise de conscience des ­savants de l’époque, mais aussi des politiques, à la suite des événements révolutionnaires. Cela suppose l’enseignement d’un certain nombre de disciplines assez rares comme la philologie romane et latine, la codicologie, c’est-à-dire l’étude et l’analyse des manuscrits, la paléographie, qui sert à déchiffrer n’importe quel type d’écriture,« L’histoire de l’art ne peut pas fonctionner en circuit fermé », l’histoire du livre, celle du droit – tout ce qui aide à appréhender au mieux les sources qui permettent d’écrire l’histoire et, au-delà, l’histoire de l’art. Nos étudiants doivent rédiger leur thèse à partir de sources inédites, dont beaucoup peuvent se trouver ici, à Richelieu. Notre rapprochement est donc tout à fait intéressant et pertinent. Dans ce trio, l’Institut national ­d’histoire de l’art (INHA), créé en 2001, fait figure­ de cadet… Eric de Chassey On fait souvent ­remonter l’INHA aux souhaits des historiens d’art Jacques Thuillier et André Chastel dans les années 1970 et 1980, mais je crois que l’intuition est plus ancienne encore. On la trouve déjà quand le couturier, collectionneur et mécène ­Jacques Doucet [1853-1929] a l’intuition qu’il faut renforcer l’histoire de l’art en France et, pour cela,« L’histoire de l’art ne peut pas fonctionner en circuit fermé », constituer une bibliothèque spécialisée qui n’existe pas à l’époque. Il s’agit de traiter l’histoire de l’art dans sa dimension universelle, c’est-à-dire quels qu’en soient les objets, les périodes et les aires culturelles. L’idée d’André Chastel, devant l’éclatement des disciplines, qui se partagent ­entre les écoles d’art, les musées,bijoux marc jacobs, les ­universités et ne communiquent guère ­entre elles, était de dire qu’il fallait créer une maison commune, qui serait en lien avec cette bibliothèque. Mais aussi avec la Bibliothèque centrale des musées ­nationaux, qui était jusqu’à présent au Musée du Louvre. On en a parlé longtemps mais, concrètement, cela n’est fait que depuis le mois de janvier 2016. Ce qui veut dire que tout chercheur peut avoir à disposition les collections les plus complètes possibles, en Europe, et peut-être au monde, non seulement d’imprimés, mais aussi d’archives d’artistes, de marchands, d’historiens et de critiques d’art. L’histoire de l’art ne peut pas fonctionner en circuit fermé. Elle a besoin en permanence d’être irriguée par les autres pratiques artistiques, le spectacle vivant,lunette de soleil persol, la musique, le cinéma… Le regroupement de nos trois institutions en ce lieu va permettre cela. Où en êtes-vous de la réhabilitation du site Richelieu ? L. E. Il y a 58 000 m² en tout. Pour ­l’instant, 30 000 m² ont été rénovés. Mais j’insiste, durant tout le chantier, les collections sont restées accessibles. La deuxième phase de travaux,« L’histoire de l’art ne peut pas fonctionner en circuit fermé », qui doit s’achever en 2020, commence maintenant : la salle Ovale, notamment, qui sera ouverte gratuitement au grand public, la galerie Mazarine,celine shadow, où ont lieu les expositions temporaires,un nouveau musée où sera montrée toute la diversité des collections de la BNF – médailles, incunables ou manuscrits,« L’histoire de l’art ne peut pas fonctionner en circuit fermé », trésors royaux, ­photographies, estampes – ainsi qu’une librairie et un café composeront ce nouvel espace public culturel. E. de C.L’accès sera également gratuit pour les chercheurs, à partir du niveau de master 1, mais aussi pour les professeurs du primaire et du secondaire, puisqu’il y a désormais un enseignement d’histoire des arts dans les collèges et les lycées. M. B. L’Ecole des chartes, pour sa part, est ouverte gratuitement aux élèves de l’école, naturellement, mais aussi aux anciens élèves et aux conservateurs. Vous pensez donc être à même ­d’établir des passerelles entre vous ? L. E. C’est pour cela que j’aime utiliser à notre propos le terme de « campus ». On a une masse documentaire qui,« L’histoire de l’art ne peut pas fonctionner en circuit fermé », en termes de sources, est inouïe. Mais on a surtout le fait d’être ensemble – les étudiants, les chercheurs, les instituts de ­recherche, venus des universités comme des ­musées. Le rêve d’André Chastel, nous ­allons non seulement pouvoir le tester, mais surtout le faire vivre. M. B. Il ne s’agit pas de rester dans nos tours d’ivoire, mais de pousser les portes, avec par exemple une carte de lecteur commune aux trois entités. On peut imaginer que nos étudiants se mélangeront,lunette guess femme, voire collaboreront entre eux sur certains projets. En tout cas, on peut les y aider. E. de C.La carte d’accès commune va offrir aussi un plus grand confort. Un lecteur qui va s’installer dans une des salles de Richelieu en fonction de ses ­intérêts – mettons, dans celle consacrée aux arts du spectacle – et qui constaterait, lors de ses recherches bibliographiques, que parmi les ouvrages qui l’intéressent, l’un est conservé à la bibliothèque de l’INHA ou à celle de l’Ecole des chartes, n’aura pas besoin de se déplacer : c’est l’ouvrage qui viendra à lui. Pas les archives, bien sûr – elles sont trop fragiles –, mais ce sera valable pour tous les imprimés. Les architectes ont conçu le projet global de ­Richelieu pour faciliter les circulations. Quid de la numérisation des ­collections ? Le travail de la BNF avec le site Gallica est déjà remarquablement avancé, mais qu’en est-il pour les deux autres institutions ? M. B. A l’Ecole des chartes, nous avons déjà un certain nombre de données et de cours en ligne sur le site de l’école. Nous allons intensifier ces pratiques. Il y a ainsi un très beau portail, Theleme [theleme.enc.sorbonne.fr], qui permet de s’initier à la paléographie, que nous allons développer. Nous avons aussi de vrais geeks parmi nos jeunes chartistes, qui nous entraînent naturellement dans ce sens. « Pour l’instant, 30 000 m2, soit plus de la moitié de la superficie du site Richelieu, ont été rénovés » Laurence Engel présidente de la Bibliothèque nationale de France E. de C. A l’INHA, nous avons aussi des programmes de numérisation, commencés plus tard mais très importants, ­notamment des ouvrages rares et précieux, des collections de photographies, des collections d’estampes de Doucet, et qui bénéficient du savoir-faire accumulé par la BNF. Pour le grand public, nous participons chaque année au Festival de l’histoire de l’art de ­Fontainebleau,lunette marc jacob homme 2015, où nous sommes ­chargés des aspects scientifiques, avec des cours et des conférences qui sont en ­ligne. Nous avons aussi vocation à ­mettre en place une plate-forme qui réunisse tous les modes d’enseignement liés de près ou de loin à l’histoire de l’art, au patrimoine et à l’archéologie en France, et de les organiser pour que les gens puissent se retrouver dans ces ressources, qui sont extrêmement éparpillées. On a par exemple aujourd’hui une chaîne YouTube avec un certain nombre de cours en ligne, mais c’est encore assez compliqué à trouver. Pensez-vous voir un jour la fin de ce chantier ? L. E. Lorsqu’on a commencé la numérisation, on pensait ne jamais en voir le bout, mais les progrès dans ce domaine ont été spectaculaires. Il ne s’agit pas de tout numériser, mais de faire aboutir le projet de la BNF. C’est envisageable à l’horizon d’une trentaine d’années. La BNF est pionnière avec Gallica, qui a développé une technologie que nous partageons volontiers avec d’autres bibliothèques, en France et à l’international. Nous avons ainsi des programmes en commun avec les institutions qui ont des fonds comparables, comme la British ­Library de Londres mais plus largement avec des partenaires d’horizons très ­variés. Ainsi, nous construisons la Bibliothèque francophone numérique avec les Québécois, les Belges, les pays francophones d’Afrique. Nous travaillons également avec la Chine pour les fonds qui la concernent, ou avec les Israéliens pour nos manuscrits hébreux. C’est pour cela que le lien avec les chercheurs est aussi important : les programmes de recherche, les travaux sur les sources, les projets communs d’éditorialisation sont nécessaires. Je dis, et ce n’est pas seulement un bon mot, que la bibliothèque royale, les ­bibliothèques nationales en général,adidas yeezy boost 350 pas cher, c’est le numérique avant le numérique. Car il ne suffit pas de collecter ou de ­numériser les savoirs, il faut également les organiser pour les rendre accessibles : c’est notre métier. Et du côté de l’INHA ? E. de C. Nous y travaillons aussi. Ces derniers mois, nous avons réalisé une modélisation 2D et 3D du portail de l’église Sainte-Foy de Conques[Aveyron],avec une interprétation iconographique des sculptures. Le site est conçu de telle façon que l’on puisse l’aborder avec différents niveaux de lecture : il est accessible au très grand public et reste pertinent pour des chercheurs très avancés. Mais même une fois que tout sera numérisé, il ne faudra pas négliger l’objet physique, les originaux auxquels nos bibliothèques permettent de revenir. C’est la vocation du site Richelieu ? L. E. Oui, car on y bénéficie aussi de la compétence des archivistes, des bibliographes, des documentalistes. Quand vous êtes dans une bibliothèque, vous pouvez interroger un président de salle, qui vous aide à orienter vos recherches. E. de C. Ce qui est passionnant,lunette homme oakley, c’est que ce nouveau campus tel qu’il se ­préfigure va, je crois, produire des résultats ­auxquels nous n’avions pas pensé au ­départ. Je l’ai constaté quand j’ai vu travailler ensemble des gensvenus de l’Ecole du patrimoine, de l’université… M. B. Les chartistes sont enthousiastes, les nouveaux comme les anciens, qui sont ravis de voir se créer un tel potentiel de recherches. Et d’accueil : ces locaux vont permettre d’élargir notre public, notamment aux chercheurs basés en province, qui trouveront ici des conditions de travail optimales durant leurs séjours à Paris. C’est vrai aussi pour l’international. Nous dispensons un enseignement qui a peu d’équivalents ailleurs, ce qui a conduit beaucoup d’établissements étrangers à signer des conventions avec nous. L. E. Il faut les y encourager. L’offre est exceptionnelle, mais cela ne suffit ­jamais pour que les gens viennent pousser nos portes. Il faut construire une ­relation active, pour les chercheurs comme pour le grand public, sinon on ne remplit pas complètement notre mission. On a tout de même la sensation que l’Ecole des chartes est un peu à l’étroit… M. B. Par rapport à nos anciens locaux de la Sorbonne, c’est Byzance ! On arrive à rassembler en un seul lieu les trois sites que nous occupions jusqu’ici. Et nous avons pour l’instant assez de place prévue pour l’accroissement de nos collections sur les neuf prochaines années. En outre, nous allons pouvoir coordonner nos politiques documentaires avec la ­bibliothèque de l’INHA : il serait absurde d’acquérir les mêmes ouvrages. Le budget global de 232 millions d’euros comprend-il les deux ­tranches de travaux ? Lire aussi :   Rue de Richelieu, une lumière retrouvée L. E. Oui. Il est financé à 80 % par le ­ministère de la culture et à 20 % par celui de l’enseignement supérieur. La BNF, aidée de ses mécènes, y ajoute 20 millions d’euros sur son budget. Cette interview fait partie d’un dossier consacré à la rénovation du site Richelieu, réalisé en partenariat avec la BNF, l’Institut national d’histoire de l’art et l’Ecole des chartes. Florence Evin Journaliste au Monde Suivre Aller sur la page de ce journaliste Harry Bellet Journaliste au Monde Suivre Aller sur la page de ce journaliste

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